S’habiller à Bruxelles : petit guide de la mode masculine dans la capitale belge

S'habiller à Bruxelles - Modèle en chemise
S'habiller à Bruxelles - Modèle en chemise

Bruxelles n’est pas la première ville à laquelle on pense quand on parle de mode. Milan, Paris, Londres, d’accord. Même Düsseldorf, à quelques heures de route, s’est imposée comme la vraie capitale de la mode en Europe du Nord, avec ses salons professionnels et la Königsallee qui aligne les enseignes de luxe. Et pourtant, si vous vivez à Bruxelles ou que vous y passez quelques jours, vous remarquerez vite qu’il se passe quelque chose côté style. Quelque chose de moins spectaculaire, moins affiché, mais qui a du caractère.

La ville a toujours eu un rapport particulier avec le vêtement. Anvers, à une heure de train, a produit les Six d’Anvers dans les années 80 (Dries Van Noten, Ann Demeulemeester, Martin Margiela qui a grandi à Genk, pas loin). Cette vague créative belge a irrigué Bruxelles sans que la ville cherche à en faire un étendard. Le résultat, c’est un style qui emprunte à la mode sans se revendiquer « fashion ». Un truc assez bruxellois, finalement.

Dans cet article, on fait le tour de ce qui compose le vestiaire masculin à Bruxelles : les pièces qui reviennent, les combinaisons qui marchent, et cette façon très locale de s’habiller correctement sans avoir l’air d’y avoir trop réfléchi.

Le style bruxellois, c’est quoi au juste ?

Si vous traînez un samedi matin du côté de la place du Châtelain ou rue Dansaert, vous capterez assez vite l’ambiance. Les Bruxellois mixent tout : un blazer sur un t-shirt un peu usé, des baskets sous un pantalon à pinces, une veste en cuir par-dessus une écharpe qu’on croirait empruntée à son grand-père.

C’est un style qui reflète la ville. Un pied dans le sérieux des institutions européennes, l’autre dans la décontraction des quartiers populaires. On capte des influences de partout : le côté soigné qu’on retrouve à Paris, l’audace créative qui descend d’Anvers, et cette décontraction très flamande qui met le confort en priorité. En pratique, ça donne des mecs qui veulent pouvoir enchaîner une réunion, un déjeuner qui s’éternise et un verre en terrasse à Ixelles sans repasser chez eux entre les deux.

La chemise, le basique qu’on ne présente plus

Demandez à un Bruxellois quel vêtement il porte le plus, il y a de grandes chances qu’il vous réponde une chemise. Pas celle du banquier, plutôt celle qu’on attrape le matin en se disant qu’elle ira aussi bien avec un jean qu’avec un chino pour un dîner.

La chemise bien coupée, en coton un peu épais ou en lin quand les beaux jours arrivent, c’est un peu le couteau suisse du vestiaire local. On la porte ouverte sur un t-shirt quand il fait doux, rentrée dans le pantalon pour un rendez-vous, manches retroussées dès que le soleil pointe (ce qui, à Bruxelles, peut arriver trois fois dans la même journée). Côté couleurs, rien de surprenant : du bleu délavé, du blanc cassé, du kaki. Des teintes qui passent partout et qui vieillissent bien.

Pantalons : le jean, le chino et les coupes larges

Les Bruxellois ont une relation fidèle avec le jean droit. Celui qui a un peu vécu, qui a pris la forme des jambes, qu’on remet sans réfléchir. On croise aussi pas mal de coupes légèrement larges, portées un peu basses, héritage streetwear qui s’est installé pour de bon.

Mais la vraie valeur sûre pour la ville, c’est le chino. En coton, coupe droite ou légèrement fuselée, il passe du bureau à la terrasse sans qu’on y pense. C’est le pantalon qu’on oublie qu’on porte, et c’est justement ce qui le rend utile. Pour ceux qui aiment sortir un peu des sentiers battus, les coupes palazzo (jambes larges, silhouette fluide) se croisent de plus en plus dans le quartier des Marolles et autour de la Bourse.

La veste, le truc qui change tout

S’il y a un conseil à retenir, c’est de trouver la bonne veste. Celle qu’on enfile par-dessus n’importe quoi et qui donne l’impression que l’ensemble était prévu.

Le bomber minimaliste a pas mal la cote en ce moment. Court, propre, discret, il marche autant sur une chemise que sur un hoodie. Le blouson en cuir, plutôt dans des tons marron ou bordeaux, reste une valeur sûre pour ceux qui veulent un peu de caractère sans en faire des tonnes. Et puis il y a le blazer déstructuré, souple, qu’on porte avec un jean et des sneakers. À ne pas confondre avec le blazer du mariage de votre cousin, qui lui devrait rester dans le placard.

Pour résumer

Le style masculin à Bruxelles tient en quelques principes assez simples : des pièces qu’on peut combiner sans se prendre la tête, du confort (on marche beaucoup et il pleut pas mal), et une touche personnelle : un accessoire, une couleur, une coupe un peu différente. Juste assez pour montrer qu’on y a pensé deux minutes ce matin.

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